Étape 9 : Saint-Jean-de-Maurienne – Tignes

Avant-dernière étape de notre Tour 2019, le parcours de ce jeudi 25 juillet est intégralement savoyard. Nous allons atteindre le point culminant de cette édition avec le fabuleux Col de l’Iseran, plus haut col routier d’Europe, aux portes du parc national de la Vanoise.

L’étape de la veille a laissé des traces, et surtout ce transfert et cette installation épique dans un camping improbable que nous n’aurons connu que de nuit après le passage par le col du Glandon.

Mais il en faut plus pour nous décourager.

Réveil à 5h. À 6h nous sommes sur la route avec l’ambition de savourer au maximum cette journée et ce magnifique parcours devant nous mener à Tignes.

Départ de Saint-Jean-de-Maurienne !

En cette période caniculaire nous apprécions particulièrement les premiers kilomètres de nos étapes, le temps est parfait pour la pratique de l’exercice physique et les voitures sont moins nombreuses.

La première difficulté annoncée de la journée, la côte de Saint-André, ne nous posera pas de soucis, 3,1 km à 6,8 % de moyenne c’est quasiment un Mont Saint-Quentin, l’une de nos routes d’entrainement de référence !

À Modane nous arrivons au premier ravitaillement de la journée préparé par Richard et Annick, aujourd’hui en repos.

Nous reprenons la route en direction d’Aussois et nous faisons la rencontre de nos amies les fontaines ! Une rencontre avec une fontaine est toujours une expérience formidable lorsque qu’à 10h du matin les températures s’affolent et, malgré l’altitude, dépassent déjà les 30° !

Après cette pause rafraîchissante nous remontons sur nos vélos pour attaquer le (petit) Col de la Madeleine qui nous mènera au ravitaillement, au kilomètre 60 et au pied de l’Iseran.

L’Iseran : plus haut col routier d’Europe

Voilà, nous y sommes. Les névés sont de plus en plus proches et sont un signe que l’altitude s’élève. Nous arrivons au village de Bonneval-sur-Arc au pied d’un massif impressionnant que nous devons gravir pour basculer de la vallée de la Maurienne vers la vallée de la Tarentaise.

Ce village est l’un des plus beaux de France, cela étant dû à son aspect originel préservé. Point de parabole, de câbles aériens ni de pylônes !

Bonneval-sur-Arc

Les choses sérieuses commencent.

Nous entamons notre ascension vers le col routier le plus haut d’Europe : il reste à ce stade 12,9 km à 7,5% de moyenne avec un point de départ situé déjà à près de 1 800 m. Le calcul est simple, nous avons 1 000 m de dénivelé positif avant le sommet !

Nous sommes réellement dans la haute montagne. Un délice pour les yeux, l’émerveillement à chaque lacet : tout est grandiose, les pentes, les massifs, les glaciers, qui nous dominent, et la chaleur, encore 27 degrés à 2 000 m !

Les pourcentages s’accentuent, les bornes kilométriques affichant la distance à parcourir et le pourcentage à venir sont nos repères. Chacune à notre rythme nous évoluant dans un environnement hallucinant, mélange de roche, de glace, de verdure, de bitume.

Ce mélange se retrouve au niveau de nos émotions, de notre ressenti : la fatigue se mêle à l’émotion, à la transpiration, au vent qui se lève pour nous pousser vers le panneau tant attendu !

À l’approche du dernier virage, alors que nous avons dépassé les 2 700 m d’altitude, nous passons à côté d’un véritable mur de glace !

Et les nuages font leur apparition, la température chute brutalement alors que le col est en vue. Plus que quelques centaines de mètres, quelques dizaines, quelques coups de pédale… voilà !! Le Col de l’Iseran est à nous !!

Les larmes aux yeux… nous ne pouvons nous retenir… nous laissons exploser notre joie ! Nous sommes sur la route la plus haute d’Europe, que de chemin parcouru depuis l’idée originelle de ce projet fou et ce moment que nous savourons, que nous vivons pleinement et que nous partageons avec vous depuis le début !

L’émotion est à son comble, nous avons atteint un sommet que nous convoitions depuis longtemps mais il est temps d’attaquer la descente vers Tignes, d’autant plus que le vent s’est levé, que nous avons perdu en une heure une vingtaine de degrés.

Pour ne pas arranger les choses, la longue descente à venir n’est pas des plus plaisante : 30 km avec de nombreux tunnels à franchir !

C’est le moment choisi par la pluie pour s’inviter sur notre route. Associée au vent il faut avouer que ce ne sont pas les meilleurs compagnons pour descendre cette route très fréquentée, par des automobilistes plutôt nerveux. Cette partie de la sortie ne procure aucun plaisir, mais uniquement du stress !

Arrivées à Tignes les Brévières nous affrontons désormais une pluie battante. À l’unanimité nous abandonnons la dernière montée de 7 km, d’autant plus qu’elle nous fait revenir sur nos pas.

Direction Albertville, ce soir nous avons un hôtel et du sommeil à rattraper !!