Étape 8 : Embrun – Valloire

Cette première étape dans les Alpes est sans conteste l’étape la plus difficile de ce Tour de France. Elle décidera très certainement du vainqueur de l’édition 2019. À notre niveau aucune notion de compétition, le défi à relever aujourd’hui est encore rendu plus difficile par des conditions caniculaires extrêmes ! 3 cols à plus de 2 000 m, voici le menu du jour !

C’est au départ d’Embrun que nous prenons la route pour une étape très longue et présentant un dénivelé positif impressionnant… plus de 5 000 m au total !

Les choses sérieuses commencent dès les premiers kilomètres avec la côte des demoiselles coiffées. Mais le décor est si grandiose que ces premiers efforts sont une source de plaisir indescriptible. Le lever de soleil, la lumière rasante sur le lac de Serre-Ponçon… chaque virage, chaque bosse est l’occasion de s’émerveiller.

Altitude et températures en hausse…

Mais la route s’élève à n’en plus finir… et le soleil commence à frapper très fort. Après la côte des demoiselles coiffées nous parcourons pas moins de 60 kilomètres en faux-plat avant d’arriver au pied du col de Vars, la première difficulté de taille ne proposant pas moins de 9 km à 7,5% de déclivité moyenne, et de nombreux passages à plus de 10%.

Un “petit raidillon” qui va mettre nos organismes à l’épreuve ! On a coutume de dire qu’il y a moins d’oxygène en altitude… ce n’est pas totalement vrai.

En effet, la composition de l’air reste toujours la même, en revanche, c’est la pression atmosphérique qui diminue et donc la concentration de l’air. Ainsi, un même volume d’air contient moins de molécules : l’air est de plus en plus dilué ! C’est ce phénomène qui pousse nos organismes dans ses retranchements, qui doit produire plus de globules rouges.

S’ajoutent à cet effort ceux induits par la hausse de température en cette période caniculaire, même si la température de l’air chute en général de 1 degré par 100 m d’altitude.

La chaleur est en fait, dans ces ascensions et pour notre aventure, le phénomène déterminant : la vitesse ralentissant nous avons de plus en plus de difficulté à réguler notre température corporelle à cause du flux d’air lié au déplacement. Il faut donc accroître l’hydratation et ne pas hésiter à se rafraîchir.

Pour notre périple nous avons fait le choix de ne pas prendre de risques et dès que les premiers symptômes du coup de chaleur se font ressentir nous nous stoppons. Ainsi, Réjane arrêtera son ascension à 3 kilomètres du sommet qui sera franchi par Florence, Ludivine, Annick, Stéphanie accompagnées par Fred en “mode reporter”.

Le redoutable Col d’izoard !

Après un passage par Guillestre nous entamons notre ascension vers le Col d’Izoard. Nous empruntons des routes fabuleuses, longeant les gorges du Guil et trajet de l’épreuve mythique de l’Embrunman.

Et la température dépasse désormais les 40°. Il nous tarde de rejoindre le prochain ravitaillement, situé à Arvieux (village qui a été le lieu d’une colo organisée par notre association il y a quelques années) à 8 kilomètres du sommet de l’Izoard. Stéphanie stoppe son ascension à ce niveau et l’équipe restreinte poursuit son ascension.

Nous arrivons à Arvieux au point le plus chaud de la journée, le soleil étant à son zénith : c’est le moment de notre pause repas et l’occasion de profiter des fontaines du village ! Il faut faire le plein d’énergie avant cette illustre montée franchies à 26 reprises par le Tour de France depuis 1947 !

Une nouvelle fois le spectacle est à la hauteur des efforts fournis… après quelques kilomètres et plusieurs lacets au milieu des arbres et des campings-car, attendant le passage des champions, nous arrivons à la Casse Déserte… nous évoluons dans un paysage lunaire accompagnées de quelques gouttes annoncées par un ciel de plus en plus menaçant.

Les derniers kilomètres sont alors franchis brillamment par Florence, Ludivine et Annick qui s’empressent d’enfiler un coupe-vent car plus de 20 km de descente les attendent avant l’arrivée à Briançon !

Une surprise à Briançon !

À notre arrivée à Briançon nous sommes accueillis par Guillaume et Bruno, triathlètes émérites, qui préparent l’épreuve longue-distance de l’Alpe d’Huez. Après un café qui tombe à pic suite à une descente très éprouvante et très longue, ils nous accompagnent pour les premiers kilomètres devant nous mener au Galibier, dernier col de la journée, précédé par le col du Lautaret.

Cette pause bienvenue et très sympathique aura des conséquences que nous ne pouvions imaginer, mais le plaisir d’avoir de telles surprises n’a pas de prix !! N’hésitez pas, faites comme Bruno et Guillaume : venez rouler avec nous, que ce soit pour une étape, un col ou quelques kilomètres, le partage est le but de notre projet !

Privées de Galibier… et un cadeau de 110 km !

Nous entamons donc ce qui devait être l’avant-dernier col de la journée, le Lautaret, dépassant déjà les 2 000 m et mise en bouche du Galibier culminant à 2 642 m !

La route est très chargée et peu agréable à la sortie de Briançon, mais rapidement les grands espaces s’offrent à nous avec une vue imprenable sur le glacier de la Meije. Les kilomètres défilent et l’horloge avance… un panneau routier nous apprend la fermeture du Col du Galibier à 18 h… pour les véhicules qui nous accompagnent et dont nous ne pouvons nous séparer.

Malgré nos efforts nous n’arriverons pas avant l’heure fatidique au pied du Galibier et nos véhicules seront bloqués et devront emprunter un léger détour de… 110 km pour rejoindre le prochain camping. Et 110 km en montagne c’est plus de 2 heures de route.

Nous n’avons pas le choix, nous décidons de stopper cette étape au col du Lautaret et nous laissons le Galibier derrière nous, sans regrets (ou presque). La journée n’est en effet pas finie : il faut réussir à se restaurer, trouver le camping, nous installer ! Et la route n’est pas de tout repos, le col du Glandon, avec ses 2 versants est à passer, de nuit !

Au final l’arrivée au camping aura lieu après minuit et le réveil pour la prochaine étape est prévu à 5h, on ne traîne pas !!