Étape 10 : Albertville – Val Thorens

Toutes les bonnes choses ont une fin. La saison 2 de #ComeBakea se termine aujourd’hui avec un épisode particulièrement attendu, le 10ème de notre aventure humaine et cycliste entre Albertville et Val Thorens !

7, nous sommes 7 filles à prendre le départ de cette étape à la saveur particulière… il y a une semaine ils étaient 16 000 à s’élancer sur ce parcours, après avoir accepté le défi de participer à l’Étape du Tour, la plus grande cyclosportive du monde.

Nous allons donc apprécier chaque kilomètre de cette sortie de 130 km.

Rencontres, partage, plaisir seront donc les maîtres mots !

Le plein d’émotions !

Capitale des sports d’hiver mise à l’honneur en 1992, nous traversons la ville d’Albertville avec la gorge serrée, le sentiment que demain matin nous ne revivrons plus ces moments. Nous ne nous réveillerons pas à 5h, nous ne mangerons plus au bord de la route.

Les premiers kilomètres défilent et nous sommes directement dans la montée vers le col du Méraillet qui, une fois franchi, nous offre un spectacle magnifique, le lac de Roselend, un lac de barrage aux eaux bleues.

Nous croisons et partageons dès lors plusieurs kilomètres avec les autres groupes de filles engagées sur le Tour de France : Donnons des Elles au vélo J -1 et Internationelles, autant d’occasions d’encouragements réciproques et d’échanges autour de notre passion commune. Nous arrivons alors au premier sommet de la journée : le Cormet de Roselend, culminant à 1 968 m.

Il sera suivi par plus de 20 km de descente plutôt technique, vers Bourg-Saint-Maurice.

Nous prévoyons une pause à Moutiers, pour une glace nous réunissant toutes avant d’attaquer la dernière montée, nous disant que, d’ici là il n’y a pas de réelle difficulté.

Mais non, le profil est trompeur : la côte de Longefoy, le col du Tra sont des clients sérieux, d’autant plus que le thermomètre atteint de nouveau 34 ° et que nous évoluons sur des routes parfois encombrées par des glissements de terrain provoqués par les orages de la veille.

Un passage inattendu sur une route nationale, pendant 4 kilomètres, nous permet de prendre de la vitesse mais surtout de nous rafraîchir grâce au courant d’air… même s’il est reste chaud.

Une pause à Moutiers

Cette pause s’impose : la dernière montée semble redoutable. Nous venons de parcourir 100 km avec 2 000 m de dénivelé positif… il nous reste autant à gravir, mais sur 33 km pour arriver à Val Thorens, point final de l’étape et de l’aventure.

On part ensemble, on termine ensemble !

C’est la rengaine de notre groupe ! Nous l’appliquons à la lettre pour cette dernière ascension. La pluie débute au tout premier kilomètre de la route nous menant à Val Thorens. Suivant les informations du Tour de France par notre équipe technique, nous apprenons que, comme pour nous la veille, les coureurs n’effectueront pas la dernière montée vers Tignes, de la grêle couvrant la route après l’Iseran. Cette information nous fait prendre conscience que nous vivons la même aventure, que nous avons parcouru les mêmes routes, que nous avons vécu les mêmes péripéties : nous vivons le Tour, au même titre que les hommes !!

Les kilomètres défilent, la route est très serrée mais peu fréquentée. Des arrêts réguliers nous permettent de reconstituer le groupe, séparé pour respecter le rythme de chacune, et écrire de la plus belle des façons la fin de notre saison 2. Nous partons ensemble, nous terminons ensemble !

Un ultime ravitaillement nous attend au kilomètre 11, il ne faut pas tarder.

Il est déjà 17h20. Nous reprenons la route. Encore 22 kilomètres à parcourir, soit un « petit Ventoux ». Les amateurs de la petite reine seront d’accord pour dire que ce n’est pas une mince affaire. De notre côté nous espérons surtout que le temps se maintiendra car le tonnerre gronde et le vent se lève.

Les souvenirs nous reviennent, ils sont ce qui est le plus précieux, ce qui constitue l’essence de notre projet, le carburant qui nous a poussé sur ces presque 2 000 km parcourus sur nos 10 étapes au rythme des chansons d’Annick.

Nous repensons à ces moments incroyables vécus sur ces 10 journées folles que nous avons imaginées depuis 1 année.

Nous repensons à nos partenaires, nos donateurs, qui nous ont soutenu, nous ont fait confiance et nous ont permis de réaliser ce rêve, de prouver que des femmes peuvent faire un Tour de France !

Nous repensons à votre gentillesse, à vos messages de soutien qui nous sont parvenu par tous les moyens que nous avons utilisé pour partager cette aventure et vous la faire vivre !

Le retour de la pluie

Km 20, il en reste 13 avant Val Thorens. La pluie s’intensifie, le ciel s’assombrit. Mais nous continuons, les Ménuires sont à quelques centaines de mètres…

Alors que le point final de notre aventure approche, tout se mélange. Tout se brouille, et même notre vision. L’averse s’est transformée en torrent, les éléments se déchaînent. Il faut trouver un abri, au plus vite. Divisées en 3 groupes nous trouvons chacune de quoi nous protéger et nous assistons à un véritable déluge. Les larmes ne peuvent plus être retenues et elles coulent également abondamment, nous ne pourrons franchir cette ligne d’arrivée toutes ensemble.

Subitement la température chute, nous venons de perdre 20 degrés en quelques minutes. Richard, Phillipe et Fred arrivent, dans la minute, à notre rescousse et la décision est rapidement prise. Aux portes des Ménuires notre aventure doit s’arrêter.

Point de regrets, point d’amertume… nous nous disons que les professionnels, il y a quelques minutes ont également subit les éléments et ont dû écourter leur épreuve de 30 km, pour nous cela ne sera que de 10 !

Merci !

L’atterrissage est violent ! Nous passons d’une chaleur accablante, approchant les 40 degrés, dans des paysages magnifiques, à un trajet sur des routes détrempées, sous des orages nous rappelant la Lorraine, la grisaille y compris.

Nous mesurons la chance que nous avons eu de pouvoir réaliser ce Tour de France, ces 10 étapes, toutes plus belles les unes que les autres, qui nous ont permis de vivre des moments inoubliables.

Notre projet avant pour ambition de promouvoir le sport féminin, de participer de façon active à la lutte pour l’égalité femmes-hommes.

Notre projet était de vivre une aventure exceptionnelle et de la partager.

C’est un travail de longue haleine, qui nécessite des heures de réflexion, de construction, de démarches, de pratique sportive. Mais aujourd’hui, au terme de cette aventure, nous sommes fières de ce que nous avons accompli, contre vents et marées, malgré les évènements personnels ou professionnels qui ont jalonné cette année intense de préparation qui prend fin aujourd’hui.

C’est ce sentiment que nous voulions faire naître en nous, et nous espérons avoir pu transmettre, en partie au moins, ces émotions. L’expérience exceptionnelle que nous avons vécue l’an passé avec l’équipe de la saison 1 a pu être renouvelée cette année encore, pour faire vivre cet esprit et perdurer ce projet.

Nous sommes les #ComeBakea et, toutes ensemble nous vous disons MERCI et vous donnons rendez-vous très vite… le 13 septembre…